geopolitic

Appel à contribution

L’accident, l’université des désastres, la terre fatale… Des thèmes chers à Paul Virilio qui s’imposent comme une évidence dans la programmation de ces secondes Rencontres Paul Virilio La Rochelle.

Le mot est fascinant en lui-même par la subtilité de sa définition. L'accident désigne en géologie une dislocation nette et localisée, proprement tectonique. Dans le langage courant, c’est un événement imprévisible qui interrompt le déroulement normal et attendu des choses. L’accident, même majeur, se différencie alors de la catastrophe qui, elle, implique un événement final au dénouement forcement tragique et définitif. Mais dans la philosophie aristotélico-scolastique, l’accident prend un sens bien différent en désignant ce qui s'oppose à la substance ou à l’essence, c’est-à-dire ce qui existe, non en soi-même, mais dans un autre. Enfin, en peinture, l’accident est la lumière qui ne vient pas de la source principale, mais d'une fenêtre opposée, d'un flambeau, ou encore d’un reflet.

Alors de quels accidents parle-t-on ici ? De tous, mais surtout de la rupture dans le déroulement des choses, de l’improbable qui survient. Dans un monde désormais gouverné par l’imprévision, ce ne sont plus les accidents de terrain qui guident la politique mais bien ceux des évènements, d’où une forme nouvelle de géopolitique qui n’est plus l’étude des rapports qui existent entre les données physiques, en particulier géographiques, et la politique des États mais bien une politique de l’imprévisible. Si « notre terre natale devient fatale », il convient d’observer l’accident à l’échelle mondiale.

Catastrophes naturelles et incidents technologiques ne sont finalement que la partie émergée de l’accident. L’opposition à la substance et à l’essence nous pousse à questionner les attributs du monde et les phénomènes qui s’y opposent. Les algorithmes influencent nos choix au point que nous devons nous demander s’ils ne provoquent pas un accident de nos caractères avant, peut-être un jour, de provoquer un accident technologique aux répercussions fatales sur nos vies.

L’accident, c’est enfin cette lueur picturale qui vient de là où on ne l’attend pas. L’accident est la lueur qui détourne le regard de ce qui domine, un peu comme les mises en garde de Paul Virilio face à l’éblouissement du progrès. Il ne s’agit pas de tomber dans la peur de l’avenir ou d’attendre, pantelant, l’effondrement. La géopolitique de l’accident s’impose comme une nouvelle topographie du temps dont nous sommes tous les explorateurs. Face à cela, Paul Virilio avait forgé l’expression d’Écologie grise qui nous conduit à explorer la géopolitique de l’accident en 2020 à La Rochelle.

Virginie Segonne et Jean Richer

Modalités

Chaque auteur peut présenter un ou plusieurs mots avec leurs définitions. Chaque définition sera présentée de la manière suivante :

Le mot en question trouvé dans le langage courant, l’actualité, un néologisme ou une formule de Paul Virilio, un mot inventé… Les définitions seront accompagnées éventuellement de citation(s) et d'une image ou d’un dessin. La forme est libre et les définitions peuvent être factuelles, poétiques, ironiques…
Les définitions peuvent être de dimension variable sans pour autant excéder 1 000 caractères (espaces compris) et elles peuvent éventuellement être accompagnées de 1 000 caractères (espaces compris) de citation.

Les contributions peuvent être en français ou en anglais.

Les contributeurs feront connaître les mots qu'ils ont choisi de définir dès que possible afin que la liste ci-dessous soit complétée et que de nouveaux contributeurs puissent en tenir compte.

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